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SMA : amyotrophie musculaire spinale

Mis à jour : mars 4

L’amyotrophie spinale (SMA) est une maladie génétique, à transmission autosomique récessive, caractérisée par la dégénérescence des motoneurones alpha au sein de la moelle épinière. La maladie est liée à une mutation du gène SMN1 sur le chromosome 5 (5q13.2), empêchant ainsi la synthèse de la protéine SMN (Survival Motor Neuron), protéine de survie du motoneurone (1). La mutation la plus fréquente (95 % des cas) consiste en une délétion homozygote de l’exon 7, environ 5 % des patients pouvant présenter une délétion sur un allèle et une mutation ponctuelle sur l’autre allèle. L’être humain possède également un nombre variable de copies d’un gène très proche, SMN2, dont la séquence est pratiquement identique à SMN1, mais dont la modification d’une paire de bases dans l’exon 7 mène à son épissage quasi systématique, entraînant alors la synthèse d’une protéine tronquée non fonctionnelle SMNΔ7. La gravité de la SMA dépend, en partie mais largement,

du nombre de copies de SMN2 : deux copies menant le plus souvent à la forme la plus

sévère et quatre copies, ou plus, à la forme la plus tardive. D’autres gènes régulateurs ainsi

que des mutations dans SMN2 peuvent moduler le phénotype.

La protéine SMN, exprimée dans le cytoplasme et le noyau de toutes les cellules, est impliquée dans l’épissage du pré-ARNm et l’assemblage des complexes ribonucléoprotéiques qui sont transportés activement dans les axones, jouant un rôle dans la croissance et la maintenance axonales (2). Ce déficit protéique entraîne non seulement la dégénérescence motoneuronale, mais également des anomalies de formation et de la maturation de la jonction neuromusculaire (3).

La maladie se présente sous la forme d’une perte de force musculaire avec installation d’une

paralysie progressive, y compris au niveau des muscles respiratoires. La faiblesse musculaire, d’abord proximale, l’hypotonie, l’amyotrophie, l’aréflexie et les fasciculations linguales constituent les signes cliniques caractéristiques de cette pathologie.

Les phénotypes cliniques ont été regroupés en 5 formes différentes (de 0 à IV) (4), en fonction de la sévérité de la maladie et de l’âge de début.

- Les patients atteints de la forme 0, gravissime, présentent des symptômes dès la naissance ou même déjà in utero et décèdent rapidement.

- La forme la plus fréquente, sévère, appelée type I ou «maladie de Werdnig-Hoffman»

(SMA1), se manifeste durant les 6 premiers mois de vie. Sans assistance respiratoire,

l’enfant atteint d’amyotrophie spinale de type I décède généralement durant les deux premières années (5). Il s’agit de la cause génétique la plus fréquente de mortalité chez l’enfant dont la prise en charge, jusqu’il y a peu, était exclusivement palliative.

- L’amyotrophie spinale de type II, ou «intermédiaire » (SMA2), se manifeste un peu plus

tardivement, entre l’âge de 6 et 18 mois. Ces patients acquièrent la station assise autonome,

mais pas la marche; leur espérance de vie est moindre que celle de la population générale.

- Le type III, ou «maladie de Kugelberg-Welander » (SMA3), génère des symptômes après

l’âge de 18 mois. Les patients acquièrent la marche, mais peuvent perdre cette capacité;

leur espérance de vie est normale. Les amyotrophies spinales de type II et de type III constituent deux causes de handicap sévère chez l’enfant et chez l’adulte et représentent un coût social important estimé, respectivement, à 7,5 et 5,7 millions d’euros (6), ainsi qu’une charge significative pour les familles (7).

- Le type IV, également appelé «forme adulte» (SMA4), se manifeste durant la 2ème ou la 3ème décade de vie. Chez ces patients, la marche est préservée à l’âge adulte.

Toutes formes confondues, la SMA touche un enfant sur 10.000 (...).


Daron, A., Delstanche, S., Dangouloff, T., & Servais, L. (2019). Infantile spinal muscular atrophy : Therapeutic (R)evolution. Revue medicale de Liege, 74, 82‑85. http://hdl.handle.net/2268/244951


Illustration : source Braun, S. (2020). Thérapies géniques de l’amyotrophie spinale infantile : Un morceau d’histoire de la médecine. médecine/sciences, 36(2), 141‑146. https://doi.org/10.1051/medsci/2020011


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